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Gustav Philip, comte de Creutz (1731-1785), a 35 ans lorsqu’il est nommé ambassadeur de Suède en France par le futur Gustave III de Suède. Il occupera cette fonction pendant dix-sept ans, se dépensant – et dépensant – sans compter pour mener à bien sa mission et représenter dignement son roi. Poète réputé, diplomate habile, honnête homme épris d’art et de musique, il devient rapidement une personnalité fort appréciée, une de celles qui « donnent le ton » et que l’on reçoit partout. Il fréquente les salons à la mode, connaît fort bien les philosophes, est très lié avec le cercle de Choiseul et courtise Madame du Barry – ce qui lui attire [...]
— Et en Amérique, ça leur plaît la guerre ?
— Ils ignorent ce que c’est. Ils sont comme des enfants. Ils croient tout ce qu’on leur raconte ; ils n’ont aucune expérience des affaires internationales, comme vous, les Européens. À mon sens, notre entrée dans la guerre est une vraie tragédie.
Paru pour la première fois à Londres, au lendemain de la guerre de 1914-1918, ce roman raconte comment l’auteur, frais émoulu de Harvard, découvre, en s’engageant comme ambulancier sur le
front français, les horreurs de la Grande Guerre.
L’initiation de Martin Howe – le double transparent de John Dos Passos [...]
Le musée Jacquemart-André de Paris perpétue le nom de ses deux fondateurs, Édouard André (1833-1894) et Nélie Jacquemart (1841-1912), amateurs passionnés qui léguèrent en 1912 l’ensemble de leurs collections et l’hôtel qui les abrite à l’Institut de France. Pendant cinquante ans, parallèlement à la constitution d’un véritable musée italien, et d’une galerie polymorphe consacrée notamment à la peinture des Écoles du Nord, ils meublèrent leur hôtel particulier du boulevard Haussmann en rassemblant de grands chefs-d’œuvre de l’École française de Largillière à David – les plus beaux Chardin côtoient [...]
La Recherche du temps perdu est constellée de références à la peinture : elle fournit couleurs, matières et décors à la fresque proustienne. Chez Proust, c’est l’imaginaire qui crée le réel : les références picturales nourrissent la trame romanesque. Chaque peintre ou sculpteur soutient la description d’un personnage, d’une idée ou d’une image.
L’empreinte italienne est, de ce point de vue, capitale. La Recherche s’anime des lignes invisibles de ses maîtres : le luxe et les fastes d’une soirée mondaine chez les Guermantes puisent dans les opulences vénitiennes des toiles de Carpaccio et de Véronèse, [...]
La notion de genre, qui s’est banalisée depuis une dizaine d’années dans les pays anglo-saxons, n’a fait vraiment son entrée en France que très récemment en apparaissant dans les manuels scolaires et en suscitant aussitôt de vives controverses.
Au-delà de ces controverses, le genre n’est pas seulement une façon de marquer le sexe sans utiliser le terme. Cette notion vise surtout à revaloriser la place des femmes dans la société, tout en délivrant certaines minorités d’une assignation à identité.
Mais la question du genre mérite d’être creusée plus encore. En raison même de ses ambiguïtés, le genre peut devenir un mot de [...]
Cioran disait qu’avec Saint-Simon, Tocqueville était le plus grand portraitiste français. Paradoxalement, il est aujourd’hui plus cité que lu.
L’un des talents de Tocqueville (1805-1859) est de peindre les hommes : leurs vertus, sans doute, mais aussi leurs faiblesses (ce qui est plus drôle) et surtout les efforts qu’ils font pour les cacher (ce qui est plus drôle encore). L’ancien député et penseur de la Révolution et de la démocratie fut un chroniqueur ironique et incisif du monde politique et littéraire de son temps, ce qu’il dévoila surtout dans ses Souvenirs (1848-1850).
Sa grande finesse d’analyse fait merveille, surtout quand il s’attaque aux personnages français les plus célèbres [...]
«J’aime ce livre, dont j’ai eu la chance d’être un des premiers lecteurs, au point d’envier ceux qui, à leur tour, éprouveront la surprise et le bonheur de découvrir ces pages.»
Extrait de la préface de Jean Marais
«Carole Weisweiller a fait revivre Cocteau tel que personne ne l’avait jamais vu» (André Chouraqui).
«Dans ces pages foisonnantes de vie, d’anecdotes et de confidences, s’inscrit peu à peu un portait inédit de Cocteau, un Cocteau sans légende ni cliché […], saisi sur le vif par une petite fille subjuguée» (J.-L. Barré, Le Nouvel Observateur)
«Un [...]
Une étrange voix venue d’outre-tombe revient hanter d’une présence immatérielle le théâtre d’ombres d’un marché suédois. Au cœur de son monologue posthume, le narrateur, double du Premier ministre assassiné Olof Palme, s’interroge sur la haine tapie au cœur de l’être. À commencer par sa propre haine à l’égard de la bourgeoisie dont il est issu et que cristallisèrent ses talents d’orateur et son orientation politique.
Dès lors, le marché devient peu à peu symbole du capitalisme triomphant, du règne de la dégénérescence moderne qui produit ce puissant dissolvant qu’est l’oubli, mal [...]
1932. Le fascisme et l’antisémitisme triomphent en Allemagne. Einstein pose à Freud cette question essentielle : «Que peut-on faire pour libérer les hommes de la menace de la guerre ?» Le psychanalyste lui répond longuement et cet échange épistolaire (reproduit ici) paraît en mars 1933 sous le titre Pourquoi la guerre ? Le livre entre dans l’autodafé berlinois du 10 mai de la même année.
Pourquoi la guerre ? est important dans l’œuvre de Freud car l’auteur y poursuit une réflexion fondamentale qui l’amène à conclure que pulsions de vie et pulsions de mort sont liées – réflexion [...]
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